Eté 2008 début ou fin du Grand 8 ?

J'ai vécu les quinze dernières années de ma vie comme une automate... J'étais là sans y être et je suis ainsi passée à côté de ma vie avec cette horrible sensation que les années passaient et que je n’en profitais pas, me mettant ainsi une pression énorme... Je pense que cela aurait pu durer encore des années si un jour de juillet 2008 mon corps n'avait pas tiré la sonnette d'alarme un grand coup : l’automate avait bien un cœur mais à défaut d’être utilisé, il mourrait d’asphyxie. J'avais bien eu des signes avant coureurs depuis l'adolescence mais je ne les avaient jamais écoutés ou alors quelques minutes seulement le temps de me dire que ça passerait bien tout seul, ou bien je mettais en place des opérations commando qui me pompaient toutes mon énergie et que j’abandonnais les unes après les autres, découragée qu’elles ne fussent pas miraculeuses. Je n'avais jamais su prendre le relais de ma mère pour prendre soin de moi et j'attendais sans fin que quelqu'un le fasse pour moi. Alors comme cela ne venait pas ou pas assez, je prenais soin des autres, et je m'oubliais de plus en plus. J'étais déconnectée de mon corps, de mon cœur, je sentais bien les ressources à l'intérieur de mon ventre mais cette énergie, je n'en faisais rien et elle se retournait contre moi. Seule ma tête fonctionnait; et de ce côté là, la machine s'emballait facilement et je luttais, je luttais contre les mauvaises pensées qui m'assaillaient. J'attendais la solution miracle, quelque chose que je devais trouver mais j'avais beau essayer, je ne trouvais pas. Et la frustration grandissait. Je ne comprenais pas que ce que je cherchais n'était pas situé uniquement au dessus de mon cou mais bien dans mon corps tout entier, tête y compris. 

 

Depuis le mois de Juillet, je ne suis plus la même. Il a été vital pour moi de prendre les choses à bras le corps pour comprendre les dysfonctionnements de ma pensée à l'origine de mes crises d'angoisse. Et malgré les souffrances vécues, pas une minute je ne regrette ce choix. Aujourd'hui, je peux dire que ce qui m'est arrivé n'est pas dû au hasard et que cet électrochoc est un véritable cadeau qui m'a été fait pour que je prenne conscience que plutôt que sous-vivre ou survivre, je veux tout simplement vivre. J'ai enfin rouvert les vannes qui me relient à mon corps pour me sentir vivante.

Pour en arriver à cette prise de conscience, comprendre et accepter tout ce qui m’est arrivé, je savais que j’avais besoin d'aide, de beaucoup d'aide et d'attention. Alors je me suis entourée d'une équipe ultra compétente et de diverses spécialités : psychologue, sophrologue, kinésithérapeute et généraliste pour mettre toutes les chances de mon côté et aborder mes « faiblesses » sous des angles différents. En quelques semaines, les progrès se sont déjà fait sentir et cela a été très motivant. J’ai pris conscience de l’existence de mon corps, j’ai eu envie d’en apprivoiser les sensations. A partir de ce moment là, les réponses ont commencé à surgir. Moins de trois mois après ce fameux jour, j'ai eu une révélation : je veux danser. J'ai lu dernièrement une phrase qui explique ce phénomène : « la motivation nécessaire pour combler un besoin en souffrance n'apparaît que lorsque celui-ci devient conscient ». Aujourd'hui j'ai compris que le monde des émotions est le vrai monde, celui dans lequel je veux vivre MA vie avec son lot de joies et d'épreuves. Maintenant, je danse plus de 4 heures par semaine et j’en suis bouleversée. Je me sens plus forte pour tous les autres aspects de ma vie depuis que ce besoin est comblé. J’ai conscience que le chemin est long mais ma patience est au rendez-vous. Je tomberai certainement encore mais je sais que je ne me ferai plus jamais aussi mal qu’avant.

 

Les miracles n'existent pas. Mais une fois le plus gros du ménage effectué, j'ai pu écouter la petite voix intérieure me souffler mes besoins. J'ai pu prendre ma vie en main et commencer à réaliser ce qui me tient à cœur. Le chemin de vie est alors plus facile, j'aborde mieux les événements négatifs, je les relativise plus facilement et surtout j'ai envie d'avancer car vivre ne me fait presque plus peur.

 

27 octobre 2008

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :